La syrah, des atours et des atouts

Son nom exotique fait rêver, ses arômes aussi. La syrah, très confidentielle jusque dans les années soixante, est devenue l’une des variétés les plus consommées au monde pour ses qualités gustatives.


Commençons par une précision utile : on dit bien LA syrah, et non le syrah, comme on peut l’entendre trop souvent, même parmi les amateurs de vin.

Deuxième erreur commune, son origine. On a longtemps pensé que la syrah pourrait venir de la ville de Chiraz, en Iran – car avant d’être un Etat islamique, le pays perse a été l’un des premiers au monde à produire du vin. On a aussi émis l’hypothèse qu’elle serait native de Syracuse en Sicile, ou bien encore de Syrie, ou de l’île de Syros en Grèce…

Et bien non. Des tests ADN effectués en 1998 ont démontré que la syrah est originaire de la vallée du Rhône. Elle serait issue du croisement de deux cépages d’Isère et d’Ardèche, la mondeuse blanche et la dureza, tous deux pratiquement disparus. Quant au nom, il pourrait venir du mot « sérine », une catégorie de cépages dont la syrah fait partie.

Et tout cela est fort logique, puisque c’est dans la partie nord de la vallée du Rhône que le cépage a acquis ses lettres de noblesse, notamment à travers l’appellation Hermitage, ainsi que d’autres grands vins comme Côte Rôtie, Saint Joseph, Cornas, ou encore Crozes-Hermitage. La syrah y est cultivée sur des pentes raides, aménagées en terrasses.

Rare et prisée dans le Rhône, populaire dans le reste du monde

Curieusement, alors qu’elle y est plantée depuis des siècles, c’est une variété rare dans cette région – c’est pourquoi elle n’est utilisée que pour la production de vins de garde de qualité supérieure. Longtemps délaissée en raison de son rendement assez faible et de sa fragilité face à certaines maladies, à la sécheresse et au vent, la syrah connaît cependant un boom depuis les années 60. C’est à cette époque qu’elle commence à s’étendre à l’ensemble de la vallée du Rhône, puis à la Provence, au Languedoc-Roussillon où elle est aujourd’hui omniprésente, et au sud-ouest de la France.

A partir de là, la syrah a rapidement conquis le monde : c’est aujourd’hui le sixième cépage le plus planté sur la planète, derrière le cabernet sauvignon, le merlot, le tempranillo, le sauvignon blanc et le chardonnay. 

Ses 185 000 hectares, dont 70 000 en France, représentent pas moins de 4% du vignoble mondial. C’est presque vingt fois plus qu’il y a quarante ans ! 

C’est bien simple : aucune variété n’a été autant plantée que la syrah depuis le début des années 2000.

Un succès dû en partie aux Australiens, qui en ont fait leur cépage emblématique et l’ont popularisée sous le nom de « shiraz ».

On trouve désormais la syrah en Argentine, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, et dans une moindre mesure au Chili, en Italie, en Nouvelle-Zélande, en Espagne et en Suisse.

Syrah ou Shiraz ?

Il s’agit en fait de la même variété. Ce sont les Australiens qui l’ont rebaptisée lorsqu’ils commencé à la planter chez eux. On dit d’ailleurs LE shiraz, ce qui prête facilement à confusion – c’est peut-être pour cela, d’ailleurs, que l’on a longtemps pensé qu’elle venait de Chiraz. Cependant, cela permet de faire la différence entre la syrah vinifiée à la française, qui met l’accent sur le terroir, et le shiraz du Nouveau Monde, où les vignerons se focalisent sur le cépage et ses arômes fruités et épicés. Le résultant en bouteille est différent. Le nom sur l’étiquette aussi.

Les œnologues considèrent justement que la syrah est un cépage sur lequel le terroir a énormément d’influence. Aimant les sols pauvres et granitiques, elle s’adapte à des climats frais, comme l’Etat de Washington aux Etat-Unis ou les vallées côtières du Chili, ou chauds comme en 

Australie ou en Languedoc-Roussillon. Et le climat va jouer fortement sur les arômes qui vont ressortir.

D’une couleur pourpre teintée de violet, intense et sombre, la syrah offre ainsi des arômes puissants et très variés, selon le terroir et le climat. Ils peuvent être plutôt épicés, avec notamment des notes de poivre ; plutôt fruités, on ressent alors des arômes de fruits rouge et noir très mûrs, voire macérés ; ou bien floraux, avec des touches de violette.

Les spécialistes ajouteront qu’on peut y trouver des arômes d’olive, de sous-bois, de ganterie, ou même de truffe.

Une variété riches en anti-oxydants

Si la syrah se consomme très bien comme vin rosé, fruité et agréable à boire, elle est surtout utilisée pour la production de vin rouge. En mono-cépage dans la vallée du Rhône, et en assemblages un peu partout ailleurs. C’est par exemple l’une des trois variétés les plus importantes des Terrasses du Larzac avec la grenache et le cinsault.

La syrah permet donc de créer des vins d’une grande complexité aromatique, à la fois puissants et fins, qui gardent une grande longueur en bouche. La douceur et l’équilibre de ses tannins, couplée à un taux d’acidité assez bas, en fait un vin susceptible de s’améliorer avec le
temps, qui se marie parfaitement avec les viandes 

rouges, les gibiers, les barbecues, mais aussi les plat typiques italiens que sont les pâtes ou la pizza.

Et en plus de toutes ces qualités, la syrah est extrêmement riche en resvératrol, ce composé chimique aux propriétés antioxydantes, anti-cancérigènes et anti-vieillissement. Voilà qui devrait la rendre encore plus populaire !

Si vous voulez en savoir plus sur le syrah des Terrasses du Larzac, nous vous invitons à vous rendre sur notre site Internet, où vous trouverez la description et le prix des vins. Nous effectuons la livraison à domicile.

15/10/2020

Thomas Poussard

Thomas Poussard est un écrivain baroudeur et touche-à-tout. Tombé dans le bain de la viticulture depuis son plus jeune âge (il est né d’une famille de bouilleurs de cru à Cognac), journaliste de formation, il a travaillé plusieurs années au groupe Sud-Ouest à Bordeaux, avant de s’expatrier au Chili en 2006. Après avoir travaillé un temps comme curateur d’informations économiques et financières, il s’est reconverti en guide touristique, a fondé une agence de voyages et s’est spécialisé dans le tourisme viti-vinicole.

Auteur d’un livre sous forme de guide pratique, « Vivre le Chili », paru en 2016 chez Hikari Editions, Thomas a également rédigé des chroniques pour la radio, des nouvelles, une biographie, et même des sketches. Il prépare actuellement une application dédiée au tourisme viti-vinicole au Chili.