Le cinsault, un retour en sainteté

Souffrant d’une mauvaise réputation dans les années 80, le cinsault est revenu à la mode grâce à la tendance des vins légers et frais, rouges comme rosés.

Mais il peut aussi se vinifier pour produire des vins de qualité en assemblage, comme par exemple en Terrasses du Larzac.

Voilà un cépage ancien qui, après être tombé en désuétude en France, est peu à peu remis au goût du jour ! Originaire de Provence où il est planté depuis des siècles, le cinsault était l’une des variétés les plus cultivées dans les vignobles du sud de la France pendant les trois quarts du XXe siècle.

On le trouvait aussi bien dans le Ventoux et le Lubéron que dans le Languedoc ou la vallée du Rhône.

Et puis dans les années 80-90, on l’arrache. Beaucoup. A la place, on plate du grenache, de la syrah, du mourvèdre, des cépages considérés comme plus nobles. En effet, c’est l’époque à laquelle les vignerons commencent à se détourner du vin de table bon marché pour produire des millésimes de qualité. Or le cinsault, au jus clair et fruité, est faible en couleur et en alcool. Dans la plaine, ses vignes produisent beaucoup de raisin, ce qui permet d’obtenir un fort rendement, mais peu de concentration d’aromes : des caractéristiques qui en font un cépage idéal pour des vins industriel bas-de-gamme, rapides à produire à consommer rapidement. Tout le contraire de ce que recherchaient les vignerons à l’époque.

Sauf que les goûts et les tendances évoluent. Aujourd’hui, les vins frais et légers sont de plus en plus appréciés des consommateurs, qui se détournent des vins très boisés et ayant beaucoup de corps. C’est là que le cinsault refait son entrée sur le devant de la scène : ses raisins très juteux et peu acides apportent des aromes fruités et créent un vin facile à boire, tendance, que l’on peut consommer aussi bien sur un plat qu’à l’apéritif, servi frais. C’est aussi pour ces caractéristiques que c’est un cépage très prisé pour la production de rosés comme le Tavel.

Légèreté, harmonie et équilibre

Le cinsault a un autre avantage : sa teneur en sucre est nettement plus basse que d’autre cépages. Et plus il y a de sucre dans le raisin, plus il y aura d’alcool dans le vin. C’est là que le cinsault intervient comme un complément important pour les assemblages : il permet de faire baisser le taux d’alcool, tout en conservant une bonne acidité et en apportant de la fraîcheur. Lors des années très chaudes et ensoleillées, qui font augmenter la quantité de sucre dans le fruit, le cinsault plafonne ainsi à 13 degrés d’alcool, alors que d’autres variétés peuvent atteindre les 16 degrés.

Tout cela en fait donc un cépage idéal pour les assemblages. Ses caractéristiques permettent de contre-balancer le fort taux d’alcool du grenache, par exemple, et d’adoucir les notes amères du carignan. Le cinsault, c’est l’ingrédient qui apporte l’harmonie, l’équilibre. C’est d’ailleurs ainsi qu’il est utilisé dans l’AOC Terrasses du Larzac, dont il est l’un des principaux cépages avec le grenache, la syrah, le carignan et le mourvèdre.

Un cépage très versatile

Et comme il est très polyvalent, le cinsault peut aussi se déguster comme raisin de table ou sous forme de jus, sous le nom d’oeillade – bien qu’il s’agisse d’un autre cépage. Ses gros fruits à la peau craquante, à la chair ferme mais très juteux, doux au goût car peu acides, sont tout aussi rafraîchissants que le vin.

Le cinsault a décidément plus d’un tour dans son sac : en vieillissant, la vigne apporte complexité et caractère au fruit. Moins léger, le vin qui en découle propose des aromes de baies, d’épices suaves. Et lorsqu’il est planté sur des sols pauvres, idéalement à flanc de coteaux très ensoleillés comme en Terrasses du Larzac, il donne un 

rendement plus faible, ce qui permet d’obtenir des arômes plus condensés, et donc de produire des vins de plus grande qualité.

C’est d’ailleurs ce qui se passe en Afrique du Sud, où le cinsault est la variété la plus cultivée après le cabernet-sauvignon : on y utilise la vieille vigne pour produire des vins millésimés, qui se caractérisent par une grande finesse et restent longtemps en bouche. C’est aussi le cépage le plus planté au Maroc, et on le retrouve notamment en Algérie, au Liban, au Portugal, en Californie et au Chili.

Un vin pour tous les goûts

Aujourd’hui, le cinsault a donc repris sa place en Provence et en Languedoc-Roussillon – mais avec une image neuve, mieux valorisé. Il est d’ailleurs l’un des composants des AOC Châteauneuf du Pape, Côtes du Rhône et Côtes de Provence, entre autres. Et que l’on en fasse un vin jeune et frais aux arômes de framboise, pêche, fleurs blanches et fruits secs, qu’on l’utilise en assemblage, ou bien encore pour produire du rosé, le cinsault a plus d’un atout pour séduire. Il y en a pour tous les goûts !

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15/10/2020

Thomas Poussard

Thomas Poussard est un écrivain baroudeur et touche-à-tout. Tombé dans le bain de la viticulture depuis son plus jeune âge (il est né d’une famille de bouilleurs de cru à Cognac), journaliste de formation, il a travaillé plusieurs années au groupe Sud-Ouest à Bordeaux, avant de s’expatrier au Chili en 2006. Après avoir travaillé un temps comme curateur d’informations économiques et financières, il s’est reconverti en guide touristique, a fondé une agence de voyages et s’est spécialisé dans le tourisme viti-vinicole.

Auteur d’un livre sous forme de guide pratique, « Vivre le Chili », paru en 2016 chez Hikari Editions, Thomas a également rédigé des chroniques pour la radio, des nouvelles, une biographie, et même des sketches. Il prépare actuellement une application dédiée au tourisme viti-vinicole au Chili.