La forme du verre, c'est vraiment important ?

Saviez-vous que le goût du vin change en fonction du verre dans lequel il est servi ? Non, ce n’est pas une blague. Vous pouvez faire le test chez vous. 

Evidemment, ne vous attendez pas à un grand changement non plus, mais si vous avez le nez et le palais suffisamment éduqués, vous noterez la différence tout de suite – parfois plus au nez, parfois plus au goût, selon les cépages. 

Et c’est bien pour cela qu’il est important de servir le vin dans des verres adéquats. Or des verres à vin, il en existe de différentes tailles et d’un peu toutes les formes.

 Alors comment choisir ?

Commençons par le plus facile : la couleur du verre.

Le vin s’apprécie d’abord à la vue. On admire sa couleur, sa robe, ses jambes… il est donc indispensable que le récipient soit parfaitement transparent. Mais ça n’a pas toujours été le cas. Historiquement, les premier verres de vin en cristal, sous une forme proche de ce que l’on connaît aujourd’hui, sont apparus à Murano au XIVe siècle. Pendant très longtemps, ils étaient réservés à une élite : souvent colorés, gravés ou ciselés, embellis d’or, privilégeant l’esthétique du récipient.

Il faut attendre 1958 et le verrier autrichien Claus Riedel pour voir apparaître les premiers verres transparents. Riedel, passionné par la physique, a passé 16 ans à étudier comment la forme du récipient influait sur le vin. Il est le premier expert à avoir avancé que les caractéristiques du contenant avaient une incidence sur le goût. C’est lui qui lancera, en 1961, la première ligne complète de verres à vin, qu’il perfectionnera en 1973 en lançant sa collection Sommeliers Series.

La forme et la taille du verre :

Vous l’aurez sans doute compris, nous bannissons les gobelets en plastique et les verres droits – ceux que l’on utilise pour boire de l’eau ou des jeux de fruits. Idem pour les chopes de bière. Un verre à vin se doit d’avoir un socle, un pied et un ballon (également appelé bol ou calice) de forme plus ou moins arrondie. Le pied est un élément important : c’est par là qu’il faut tenir votre verre, afin que la température de votre main n’influe pas sur celle du liquide (cependant, si le vin est servi trop frais ou dans une pièce froide, il vaut mieux au contraire prendre le verre par le ballon, afin de le réchauffer).

Mais le plus important, c’est le ballon. Selon sa taille, sa forme, son diamètre, sa profondeur, l’épaisseur du bord, le vin présentera plus ou mois d’acidité, de tanins, etc. Exemple concret : plus le ballon est grand, plus il contiendra d’air, ce qui permet de mieux oxygéner le vin. C’est pour cela que les verres à vin rouge, qui a besoin d’être plus en contact avec l’air pour libérer tous ses arômes, sont plus grands que les verres à vin blanc, dont les arômes sont plus volatiles et doivent être maintenus à l’intérieur du récipient.

L'importance de la mise en bouche

Deuxième expérience à faire chez vous : prenez deux verres de forme et diamètre très différents, l’un très ouvert, l’autre très fermé. Versez dans chacun d’eux une quantité équivalente de vin rouge – essayez donc avec un Languedoc, un Terrasses du Larzac si vous en avez sous la main. Vous vous rendrez compte qu’au moment de boire au verre évasé, vous allez instinctivement baisser légèrement le menton, tandis que le verre à l’ouverture étroite va vous obliger à pencher la tête en arrière.

Que se passe-t-il alors ? Le liquide n’entre pas en bouche de la même façon : un verre évasé va lui permettre de pénétrer plus lentement et de se déposer d’abord sur la langue ; tandis qu’en penchant la tête en arrière avec un verre resserré, on fait descendre le vin plus rapidement vers le palais. Et cela a son importance, car le bout de langue perçoit plus le goût sucré, tandis que le fond de la bouche ressent d’abord l’amertume et l’acidité.

Alors, comment choisir ses verres ?

Il existe plus de 150 formes de verres à vin différentes sur le marché – et c’est sans compter le champagne, le cognac et autres vins liquoreux. 

Comment s’y retrouver dans tout cela ? 

Nous vous l’expliquons dans notre prochain article. Mais ne vous en faites pas : un seul modèle de verre peut suffire, selon votre consommation et… votre degré d’exigence.

11/11/2020

Thomas Poussard

Thomas Poussard est un écrivain baroudeur et touche-à-tout. Tombé dans le bain de la viticulture depuis son plus jeune âge (il est né d’une famille de bouilleurs de cru à Cognac), journaliste de formation, il a travaillé plusieurs années au groupe Sud-Ouest à Bordeaux, avant de s’expatrier au Chili en 2006. Après avoir travaillé un temps comme curateur d’informations économiques et financières, il s’est reconverti en guide touristique, a fondé une agence de voyages et s’est spécialisé dans le tourisme viti-vinicole.

Auteur d’un livre sous forme de guide pratique, « Vivre le Chili », paru en 2016 chez Hikari Editions, Thomas a également rédigé des chroniques pour la radio, des nouvelles, une biographie, et même des sketches. Il prépare actuellement une application dédiée au tourisme viti-vinicole au Chili.