Comment reconnaître les différents cépages à l'œil nu ?

Etre capable de distinguer lors d’une dégustation un merlot d’un carignan ou d’un pinot noir, c’est une chose. Mais à l’œil nu, sans goûter ? Bien sûr, il y a la couleur du vin dans le verre, mais cet exercice est plutôt réservé aux spécialistes. La manière la plus simple de les reconnaître, c’est dans la vigne : non seulement la taille et la couleur des raisins varie d’un cépage à l’autre, mais surtout, la forme des feuilles est très différente.

Il existe une discipline scientifique, l’ampélographie, qui consiste à identifier et décrire les différents cépages en fonction de la forme des plantes. Ce sont d’ailleurs les ampélographes qui ont permis de retrouver certains  

cépages que l’on croyait perdus, tels que le carménère au Chili. Mais surtout, ce sont eux qui ont découvert les porte-greffes qui ont permis de sauver les vignobles européens du phylloxéra. Ils jouent un rôle important dans la conservation des différents cépages.

Dans le Languedoc, les principaux cépages sont clairement identifiés. Et puisqu’en l’occurrence, des images valent mieux que de long discours, nous vous présentons ci-dessous les feuilles des cinq variétés principales utilisées pour nos vins des Terrasses du Larzac. Vous allez voir, les différences sont très nettes, notamment entre le cinsault et le mourvèdre !

Le carignan :

Ses feuilles sont très grandes, pourvues de cinq lobes, tourmentées et très gaufrées – c’est-à-dire qu’elles ont du relief. Au printemps, elles sont cotonneuses et brillent d’une couleur jaune, tandis qu’à l’automne, elles rougissent partiellement, surtout sur le pourtour.

Le cinsault :

De taille moyenne, tourmentées, ses feuilles vert clair sont elles aussi pourvues de cinq lobes. Duveteuses lorsqu’elles sont jeunes, elles perdent ensuite cette caractéristique. A l’automne, des taches rouges apparaissent sur les feuilles.

Le grenache :

Ses feuilles de taille moyenne, vert clair, sont particulièrement brillantes. Là encore, elles se divisent en cinq lobes.

Le mourvèdre :

Ses feuilles sont planes, généralement entières, mais parfois à trois lobes. Au printemps, elles prennent un teint jaunâtre et ont un duvet qu’elles perdent par la suite.

Le syrah :

Là encore, les feuilles du syrah présentent cinq lobes. De taille moyenne, elles sont légèrement gaufrées. Au printemps, elles peuvent présenter un dessous blanc à jaunâtre, cotonneux. Le bord des feuilles rougit à l’automne.

1/12/2020

Thomas Poussard

Thomas Poussard est un écrivain baroudeur et touche-à-tout. Tombé dans le bain de la viticulture depuis son plus jeune âge (il est né d’une famille de bouilleurs de cru à Cognac), journaliste de formation, il a travaillé plusieurs années au groupe Sud-Ouest à Bordeaux, avant de s’expatrier au Chili en 2006. Après avoir travaillé un temps comme curateur d’informations économiques et financières, il s’est reconverti en guide touristique, a fondé une agence de voyages et s’est spécialisé dans le tourisme viti-vinicole.

Auteur d’un livre sous forme de guide pratique, « Vivre le Chili », paru en 2016 chez Hikari Editions, Thomas a également rédigé des chroniques pour la radio, des nouvelles, une biographie, et même des sketches. Il prépare actuellement une application dédiée au tourisme viti-vinicole au Chili.