Comment bien choisir ses verres à vin ?

Comme nous l’avons vu dans notre précédent article « La forme du verre, c’est vraiment important ? », le récipient dans lequel est servi le vin joue un rôle non négligeable dans la dégustation, de par sa matière, sa taille, sa forme, et son ouverture. Mais sachant qu’il existe plus de 150 types de verres différents – et c’est sans compter le champagne, le cognac et autres vins liquoreux ; comment s’y retrouver ? Voici quelques conseils pour vous aider à faire le tri.

La première chose à faire, c’est d’acheter des verres de bonne qualité, idéalement en cristal ou en cristallin : ils ont généralement la paroi très mince, le bord fin et poli. Tout cela contribue non seulement à mettre mieux en valeur les parfums et l’intensité du vin, mais aussi à améliorer l’expérience esthétique de la dégustation : pIus le contenant est joli, plus on apprécie le contenu !

Si l’on ne veut pas se compliquer la vie, il existe une solution passe-partout : le verre à vin INAO, en forme de tulipe. Créé en 1971, il est devenu le verre de référence pour les dégustations professionnelles. Il a été conçu pour être utilisé avec tous types de vins, quelle que soit la couleur, l’âge ou la provenance. A notre humble avis, pour commencer, c’est tout-à-fait suffisant.

Maintenant, si vous êtes perfectionniste, pointu ou connaisseur, vous pouvez utiliser cinq types de verres différents – voire plus. Voici les principaux :

– Le verre type Bordeaux : C’est sans doute le modèle le plus répandu dans le monde, avec son ballon profond, relativement large dans la partie basse, et resserré au niveau du rebord. Cette forme en tulipe permet une meilleure oxygénation du vin, ce qui est primordial pour les vins trappus et complexes du Bordelais. Le format de 35 centilitres est idéal pour servir des vins jeunes, qui ont besoin du contact avec l’air pour mieux délivrer leurs arômes. C’est plutôt ce type de verre que nous vous conseillons pour les vins du Languedoc comme les Terrasses du Larzac.

Le verre type Bourgogne : Moins profond que le verre type Bordeaux, il est nettement plus arrondi, mais se resserre de manière prononcée. Le but, ici, est de concentrer les arômes sans aérer le vin outre-mesure. En effet, le pinot noir, cépage emblématique de Bourgogne, donne un vin plus fin et fragile que le Bordeaux. C’est aussi le verre idéal pour servir les vins anciens et matures, afin de mieux conserver les arômes.

– Le verre à vin blanc : D’une forme similaire au verre type Bordeaux, mais moins large et plus petit. L’idée ici est de limiter le contact avec l’air pour préserver les arômes plus volatiles des vins blancs : ils n’ont pas besoin d’être remués dans le verre pour s’exprimer. Convient aussi pour la plupart des rosés.

– Le verre type chardonnay : Très large et arrondi. A l’inverse de la majorité des blancs, le chardonnay a besoin de s’oxygéner – surtout lorsqu’il a été élevé en fût de chêne. C’est aussi valable pour le viognier, autre cépage blanc assez corsé. Convient aussi pour les vins rosés.

– La flûte à champagne : Attention : si la flûte se doit d’être étroite et resserrée vers le haut pour permettre de conserver les bulles plus lontemps, il faut aussi qu’elle soit légèrement arrondie afin de pouvoir dégager tous les arômes du vin mousseux. Evitez les flûtes trop droites, donc ; et surtout, rangez au placard les coupes très évasées, certes élégantes mais beaucoup trop larges et qui laissent bulles et arômes se dissiper trop vite.

Maintenant, si tout cela vous semble bien compliqué, ou si vous n’avez pas un budget conséquent à mettre dans des verres de vin, contentez-vous d’une caisse de verres INAO en cristallin, cela fera très bien l’affaire !

16/11/2020

Thomas Poussard

Thomas Poussard est un écrivain baroudeur et touche-à-tout. Tombé dans le bain de la viticulture depuis son plus jeune âge (il est né d’une famille de bouilleurs de cru à Cognac), journaliste de formation, il a travaillé plusieurs années au groupe Sud-Ouest à Bordeaux, avant de s’expatrier au Chili en 2006. Après avoir travaillé un temps comme curateur d’informations économiques et financières, il s’est reconverti en guide touristique, a fondé une agence de voyages et s’est spécialisé dans le tourisme viti-vinicole.

Auteur d’un livre sous forme de guide pratique, « Vivre le Chili », paru en 2016 chez Hikari Editions, Thomas a également rédigé des chroniques pour la radio, des nouvelles, une biographie, et même des sketches. Il prépare actuellement une application dédiée au tourisme viti-vinicole au Chili.